L'intuition d'un flic (critique pour le poulpe savant)
Les récits policiers abondent depuis les origines du cinéma et tout spectateur, amateur ou non, est familier avec les codes du genre. French Connection se démarque cependant par son épure : ce qui paraissent être des incohérences scénaristiques sont le résultat d’une épuration du récit. On nous épargne les discussions de bureau interminables et les historiques de chaque bandit pour se concentrer sur ce qui constitue la moelle d’une enquête. Ainsi, en évitant ces éléments secondaires vus et revus du polar, Friedkin se concentre sur l’attente et l’ennui. On ne saura par exemple jamais qui est l’homme tué en ouverture de film, ni ce qui motive son meurtre. Nous n’aurons pas non plus droit au tableau de portraits de mafieux et leur faits d’armes respectifs pour expliquer l’origine de l’enquête. Cette dernière est est simple : l’intuition d’un flic.
